Le Cercle des Plumes
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Vous venez de découvrir le Cercle des Plumes. Quel est cet étrange Cercle ? Sans doute pas un forum élitiste ou aux entrées limitées, c'est un forum ouvert à tous. Il a pour base l'écriture donc il se dirige principalement aux jeunes auteurs quelque soit leur type d'écrit (Roman, nouvelle, poésie, fanfictions, chansons, etc...). D'ailleurs, il y a aussi une partie plus "théorique" pour discuter autour de l'écriture. Par exemple : comment créer ses personnages ? combien de pages rédiger ? quelle personne employer ? Vous pourrez proposer ou réaliser de petits exercices pour vous aider et vous améliorer.

Une présence minimale n'est pas exigée, juste un petit message de présentation et une lecture des règles. Have a nice day. C.J

Le Cercle des Plumes

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 Vampire humain

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Jude Maners
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MessageSujet: Vampire humain   Dim 18 Oct - 17:26

  • Auteur(s) : Jude Maners

  • Statut : En cours

  • Genre : Fantastique

  • Titre de l'oeuvre : Vampire humain

  • Mises en garde : des combats mais rien de vraiment choquant

Désolé de ne pas avoir posté cela plus tôt ^^


Avant tout, j'ai écrit ce roman, qui est encore très loin d'être terminé, pour faire réagir certains lecteur sur un sujet qui m'ais à coeur: le racisme.
En effet cette histoire parle de racisme, pas d'une simple hargne une couleur de peau ou une culture mais belle et bien d'une haine féroce entre deux "races".
J'aime pas les noirs, je suis donc raciste.
J'aime pas les brocolis, je suis quoi?
J'aime pas les araignées, je suis quoi?
Suis je raciste envers les brocolis et les araignées, qui sont d'ailleurs d'une race très différente de la notre? Si ce n'est pas le cas alors il est débile de dire qu'un noir est d'une race différente. C'est ce que je veut mettre en avant, dénoncer cette débilité humaine. On ne peut détester quelqu'un pour sa culture ou sa couleur, ce qui le font sont soit apeuré par ce qu'ils ne connaisse pas soit jaloux, est ce une raison valable pour créer le racisme? A mes yeux non.
Enfin voila, tout ça pour dire que j'ai écrit cette histoire pour cela, avec de l'action quand même car je ne sais pas écrire des histoires à l'eau de rose ou autre, il me faut du fantastique et de l'action sinon rien ^^
Sur ce, bonne lecture à tous.

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Jude Maners
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MessageSujet: Chapitre I : la rencontre du destin   Dim 18 Oct - 17:31

Chapitre I : la rencontre du destin


Je vous souhaite la bienvenue très chers lecteurs. Je m'appelle Saks Lick et je vais vous conter une histoire qui compte beaucoup pour moi. Elle commence il y a une quarantaine d'années maintenant.

La pleine lune, teintée d'un rouge inquiétant, rendait la nuit encore plus inquiétante que d'ordinaire. Aucun bruit, aucun murmure, aucun son ne venaient troubler la tranquillité malveillante de la nuit. Une ombre se faufilait dans la sombre forêt de Fânn avec une rapidité incroyable. Les animaux, aussi terribles soient-ils, n'osaient sortir de leur foyer devant cet esprit malfaisant et impitoyable. Le vent s'était tut, la forêt toute entière restait comme paralysée de peur devant lui, et ce n'était pas peu dire.
Des contrées les plus reculées du Nord jusqu'aux plaines verdoyantes du Sud, en passant par les gigantesques montagnes de l'ouest jusqu'à l'océan de l'Est, il s'était créé une véritable légende. Pur vampire aux pouvoirs incroyables, il tuait tout être vivant passant sur son chemin. Sa haine et sa férocité étaient sans limites, sa soif de sang intarissable, ses crimes incalculables. Il était né il y a plus de deux cent ans et n'a jamais cessé de persécuter l'humanité depuis. Certain disent que ses agissements étaient dûs au fait qu'il soit un descendant du grand vampire, le comte Dracula, d'autres disaient tout simplement que c'était un monstre.

Les humains sont des êtres très étranges, jamais ils n'ont voulu regarder au delà des apparences. A leurs yeux, toutes les créatures étaient dangereuses et donc néfastes pour l'homme, des êtres à exterminer le plus vite possible pour le bien de l'humanité, en somme. Mais moi je l'ai vu, le vrai visage de celui que l'on surnommait « Drake le Monstre ».

Retan, petit village tranquille à la bordure de la forêt de Fânn. Bien que la nuit soit déjà bien avancée les villageois festoyaient sans se soucier des horreurs du monde extérieur. Cherchant à se frayer un chemin à travers le bar, Célènne, jeune demoiselle de seize ans d'une grande beauté, parvint à en sortir sans trop d'encombres. L'air frais l'apaisa quelques peu, ses magnifiques cheveux d'or volant dans la légère brise de cette nuit d'automne. De ses beaux yeux verts émeraude coulaient des larmes cristallines et son visage était d'une grande tristesse. Son tuteur, Réfra Talir, patron du bar, l'avait une fois de plus réprimandée et jetée dehors.
Célènne avait perdu ses parents alors qu'elle était encore toute jeune, pendant la guerre. Réfra l'adopta, non pas par charité mais par obligation vis-à-vis du doyen et chef du village, et lui faisait faire toutes sortes de corvées. Ne pouvant sortir lorsqu'elle le voulait et du fait de sa personnalité réservée, elle n'avait aucun ami, pas une seule personne à qui se confier. Elle était constamment triste et ne pouvait que rêver qu'un jour un beau prince charmant vienne l'emmener loin de cette vie misérable.
Elle erra quelques temps au cœur du village, ne sachant vraiment où ses jambes la menaient. Les gens autour d'elle riaient et s'amusaient de bon cœur sans même s'apercevoir de sa présence. Tel un fantôme errant dans le monde des vivants, elle marchait dans la foule des villageois, pouvant les voir et ne pouvant être vue. Ne voulant pas s'attarder par ici, Célènne se dirigea vers les abords du village, au calme. Le bruit de la fête, les exclamations de la foule, tout cela commença à disparaître jusqu'à n'être plus qu'un simple bruit de fond. Elle contourna une habitation lorsque, sans crier gare, un homme la percuta de plein fouet. Le choc la projeta au sol tel un simple fétu de paille. L'homme, très grand et robuste, souleva son grand chapeau de chasseur pour laisser découvrir un visage recouvert de cicatrices diverses. Il dispersa de sa main, qu'il sortit de sa longue cape noire, ses longs cheveux de jais qui lui cachaient ses yeux tout aussi sombres que sa tenue. Il dévisagea longuement la jeune fille, quelque peu effrayée par la carrure imposante du chasseur. Ce dernier se décida à tendre une main vers la jeune demoiselle, reprenant ses esprits. L'homme l'aida à se relever puis, après avoir formulé une brève excuse d'une voix froide et morte, s'en alla vers les ténèbres de la forêt.
Le vent froid de la nuit lui gifla le visage avec force. Ses esprits retrouvés, Célènne reprit sa route, toujours troublée par cette rencontre inattendue. « Que faisait-il ici ? » se disait-elle. Il était rare de voir des chasseurs dans ces régions. Certes les profondeurs de la forêt de Fânn abritaient de nombreuses créatures féroces mais aucunes d'elles n'en sortaient jamais. Qui y aurait-il à chasser dans cette forêt ? Tant de questions auxquelles elle ne trouvait de réponses. Elle se dit que ce n'était pas important et sortit du village, longeant la sombre forêt. Les créatures ne s'aventurant jamais aux abords de celle-ci Célènne ne craignait donc pas d'être attaqué, bien que cela soit défendu. Son regard se porta soudain sur un groupe de petits oiseaux cherchant de la nourriture. Comme à son habitude, elle ne put résister à la tentation d'aller les aider. La jeune fille avait un faible pour toutes les petites choses mignonnes, que ce soit des objets ou des êtres vivants. Elle sortit de l'unique poche de sa longue robe un morceau de pain, son propre repas. Elle l'émietta et tendit sa main vers les mignonnes boules de plumes. Dans un premier temps, ils semblèrent hésiter quelques instants puis ils vinrent lui picorer quelques miettes dans sa main. Un magnifique sourire vint alors embellir son visage.
Soudain, un cri horriblement strident brisa l'atmosphère déjà très fortement lugubre. Les oiseaux s'envolèrent à tires d'ailes, le vent se fit plus fort et plus froid. Célènne se redressa en hâte, jetant des coups d'oeils dans toutes les directions afin de détecter un quelconque danger. Le silence régnait, un silence de mort. Aucun bruit ne se faisait entendre. Même les villageois, qui malgré le tumulte de la fête durent entendre le cri, s'étaient tus. Les secondes paraissaient aussi longues que des minutes pour la jeune fille tremblante de peur et de froid. Quelques minutes passèrent, le village retrouva rapidement son ambiance de fête, le vent retrouva sa fraîcheur, la nuit retrouva son calme habituelle mais son cœur ne cessait de battre la chamade à un rythme endiablé. Elle remarqua autre chose, bien que la nuit semblait avoir retrouvée son habituelle tranquillité, la forêt restait sans vie.
Célènne se décida enfin à marcher vers le village, à mettre le maximum de distance avec cette forêt. C'est alors qu'elle se souvint du chasseur qui se dirigeait vers la forêt. Ce n'était pourtant pas le cri d'un homme et encore moins d'une créature qu'elle avait entendu, c'était un cri de femme. Sans même s'en rendre compte elle accéléra le pas après cette désagréable pensée. Son regard fixait le village et jamais ne se tournaient vers la forêt, ses jambes marchant machinalement droit devant, son front ruisselant de sueurs qu'elle tentait de cacher, son visage exprimant un sentiment de malaise. Jamais dans sa vie elle n'avait eu aussi peur. Le village était tout proche désormais, la lune était masquée par d'épais nuages sombres et aucun danger ne pointait à l'horizon. Elle était bientôt en sécurité.

Malheureusement, tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait. On peut rêver, imaginer, inventer la vie que l'on veut mais jamais rien ne se passe comme on le souhaiterait, c'est ce que j'ai appris au cour de mon voyage. Que se soit en bien ou en mal, les imprévus font partis de la vie. Célènne compris bien vite que sa vie changerait à cet instant mais jamais elle n'aurait imaginé à quel point, car c'est maintenant que l'histoire de deux êtres entièrement opposés va réellement commencer.

Un cri effrayant se fit entendre, un cri qui n'était pas celui d'un humain, un cri très puissant qui fit stopper les festivités du village net. Des animaux de toutes sortes s'enfuirent à toutes vitesse, les villageois se mirent à hurler et le cœur de la jeune fille sembla disparaître quelques instants pour ensuite revenir en jouant du tambour à une allure folle. Son esprit s'embruma, son corps était paralysé. La forêt, derrière elle, semblait si proche et le village, juste devant, semblait s'éloigner de plus en plus. Un craquement de branche retentit dans son dos, à l'orée de la forêt. Elle aurait tant voulu que ce qui se tenait derrière elle ne soit pas l'être qui venait de pousser cet abominable cri. Elle passa en revue tous les animaux qui vivaient dans cette forêt et ne trouva aucune créature capable de pousser un tel cri. D'ailleurs, aucune créature de la forêt ne s'attarderait aussi longtemps derrière elle, la fixant d'un regard glacial.
La créature, masquée par les ténèbres de la nuit, s'avança légèrement et lentement, s'exaltant de la frayeur qu'elle créait. La température de l'air chuta de plusieurs degrés, l'herbe autour de la jeune fille se recouvrit d'une légère couche de givre, son sang se figea, le souffle commença à lui manquer. La créature s'arrêta à quelques mètres de sa victime. Cette dernière trouva la force de se retourner vers cet être ténébreux et la mort qu'il apportait.
Les nuages se dispersèrent, les rayons de la pleine lune éclairèrent alors le magnifique mais sombre visage de la créature. De beaux cheveux mi-longs noirs comme l'ébène, un visage androgyne de jeune garçon et de splendides yeux rouge sang. Célènne restait sans voix devant ce qu'elle croyait être une créature monstrueuse qui allait la dévorer, pourtant, elle avait toujours cette impression de malaise à la vue de cet être tombé du ciel.
Elle compris bien vite à qui elle avait à faire lorsque ce dernier l'agrippa férocement par les épaules, découvrant des canines d'une taille démesurée, s'approchant lentement de son cou. Elle allait être l'une des nombreuses victimes du grand vampire Drake, surnommé « Le Monstre ».

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MessageSujet: Chapitre II : le combat des deux mondes   Dim 18 Oct - 17:33

Chapitre II : le combat des deux mondes


Prenant plaisir à la frayeur qu'il causait, le vampire prit tout son temps avant de mordre la jeune fille, se nourrissant également de la peur occasionnée, s'approchant très lentement. Célènne était toujours paralysée mais tentait tout de même de s'échapper de la poigne de fer de son terrible agresseur, en vain. Le froid lui engourdissait tout son être, son esprit ne répondait plus contrairement à son cœur qui semblait être sur le point d'exploser. Malgré le fait que la quasi-totalité de son corps ne répondait plus ses jambes continuaient de la soutenir, sans doute était-ce à cause du vampire. Elle ne percevait déjà plus la tête du vampire blottie au creux de son cou, sentait son souffle lui effleurer sa peau. C'est alors qu'une bourrasque de vent glacial lui remit les idées en place, son corps retrouva sa mobilité et son esprit reprit sa place. Elle poussa de toutes ses forces son agresseur qui ne se douta pas un instant de cette réaction. Pensant ne pas à avoir à utiliser la force ce dernier ne l'avait pas si fortement empoignée et lâcha prise sans aucune difficulté. La jeune fille tomba brutalement au sol mais ne prit pas le temps de se relever et tenta de s'enfuir par n'importe quel moyen.
-C'est étrange, dit soudain la voix, sombre mais si jolie à l'oreille, du vampire, mon sortilège ne semble pas avoir beaucoup d'effet sur toi, tant pis, je vais devoir utiliser la force.
Célènne se retourna, tremblante de la tête aux pieds par les mots du monstrueux vampire au visage si angélique. Quelques instants auparavant, elle aurait tout fait pour s'en sortir vivante mais dès qu'elle eu croisé son regard elle se résigna totalement non pas de peur mais de pitié. Elle regarda au plus profond du regard froid de son agresseur et y vit une grande souffrance et une haine tout aussi grande, tout en lui n'était que contradiction selon elle, il possédait un si beau visage et pourtant c'était un tueur froid et sadique, sa haine n'était là que pour masquer une grande souffrance qui était sans doute due à la solitude, elle se mit même à penser qu'il ne prenait pas plaisir à tuer une jeune fille à petit feu mais qu'il avait des remords à tuer, ce qui ne devrait pas être possible sachant que les vampires n'ont pas de cœur comparé aux hommes, mais même sachant cela elle voulut y croire, garder espoir jusqu'au bout.
La jeune fille se redressa, toute tremblotante, ferma les yeux et attendit, attendit que la mort vienne la chercher, se disant que c'était peut être mieux ainsi, que ce ne pouvait être pire que la vie qu'elle menait jusqu'à présent. Le vampire semblait déconcerté, en général elles s'enfuyaient à toutes jambes mais pas elle. Lui tendait-elle un piège ? Espérait-elle de l'aide ? Ou même de la compassion ou de la pitié de sa part ? Après tout il s'en fichait, il pourrait tuer un être qui hante ses cauchemars depuis si longtemps, sa vengeance continuerait après elle, un jour ou l'autre il l'aurait tuée. Il s'approcha de nouveau du cou tremblotant de la jeune fille qui n'offrait plus aucune résistance. Elle était sur le point de s'évanouir mais résista, comme pour faciliter la tâche du vampire. Ses crocs démesurés frôlèrent la peau de Célènne qui ouvrit les yeux par réflexe, le vampire s'arrêta dans son élan, les deux êtres restèrent figés pendant une fraction de secondes quand soudain, un sifflement se fit entendre.
Une flèche passa à toute vitesse sous les yeux effrayés de la jeune fille, le vampire avait fait un bond de plusieurs mètres en arrière pour éviter celle-ci qui lui était visiblement destinée. Ils se tournèrent d'un même mouvement vers l'origine de la flèche et découvrirent un homme tout vêtu de noir, un grand chapeau de chasseur et un visage recouvert de cicatrices. Célènne le reconnu du premier coup d'œil, c'était l'homme qui l'avait bousculée auparavant, elle comprit alors ce qu'il venait chasser, sa proie n'était pas un animal, ni même une bête féroce venue de contrées lointaines, sa proie n'était autre que le vampire qui avait failli la tuer.
-Reculez-vous mademoiselle, avertit le chasseur, vous risqueriez d'être blessée.
Elle ne se fit pas prier et obéit sans rechigner. Les deux adversaires se toisaient du regard, attendant le moment opportun pour lancer une attaque, l'air se refroidissait et devenait de plus en plus lourd, l'herbe autour du vampire était complètement gelée. Ce fut lui qui engagea le combat, sortant de sous sa cape rouge sang deux poignards, un qu'il lança sur le chasseur et l'autre d'ont il se servi pour s'entailler la main. Le chasseur esquiva le poignard et pointa sa main gauche vers son adversaire. Célènne remarqua une petite arbalète accrochée au poignet de ce dernier avec une réserve de petites flèches dans une sorte de chargeur qui lui entourait le bras. Pendant ce temps, le vampire récitait une incantation à toute vitesse mais son adversaire ne voulut pas qu'il la termine et tira une salve sans sommation. C'est alors qu'une vague de sang sortie du poignet entailler du vampire et bloqua instantanément toutes les flèches comme si de ne rien n'était. La jeune fille compris tout de suite pourquoi il s'était protégé malgré son immortalité légendaire, les vampires ne peuvent mourir que si on leur transperce leur organe vital, le cœur, on si on les décapite, les armes bénites sont également très efficaces contre eux. Bien que n'étant jamais été à l'école, elle était très intelligente, même pour son âge, la seule raison pour laquelle il s'était protégé ne pouvait être que les flèches étaient sans doutes bénites et lui infligeraient de ce fait des blessures mortelles, qu'importe où il serait touché, de plus, elle découvrit une faille dans sa barrière de protection.
Le vampire arborait un grand sourire moqueur, peut être pensait-il qu'il ne pouvait être atteint grâce à la barrière de sang qui le protégeait, grossière erreur, un chasseur digne de ce nom n'est jamais seul et possède plus d'une corde à son arc. En effet, il porta ses doigts à ses lèvres et émit un léger sifflement, c'est à ce moment précis que son fidèle compagnon se montra, grand loup noir des falaises ardentes du sud, fonçant sur sa proie à toute vitesse. Le vampire ne le vit pas venir et ne put esquiver l'attaque, le loup lui arracha le bras gauche tout entier, celui la même dont la main était entaillée, le chasseur avait également trouvé la faille. En général, les vampires se régénèrent après chaque blessure, qu'importe la forme de l'outil utilisé, sauf s'il est d'origine magique et bénite. Le poignard devait être enchanté pour que la plaie ne se cicatrise pas afin que le sang puisse le protéger sans limite. En lui arrachant le bras, qui se reconstitua immédiatement après, la barrière disparut, le chasseur tira une flèche sur la main qui tenait le poignard. Le vampire, occupé par le loup, ne se méfia pas et prit la flèche de plein fouet, les effets de la flèche bénite lui paralysèrent légèrement la main, assez pour qu'il lâche le poignard tandis que le compagnon du chasseur le ramassa.
Il retira furieusement la flèche de son bras valide et lança un regard menaçant vers son adversaire, visiblement plus fort et plus astucieux qu'il ne le pensait. Puisqu'il en était ainsi il allait devoir recourir à la manière forte. Il passa son bras valide derrière son dos et en sorti une longue épée dont la lame, de couleur rouge sang, était recouverte de runes et la garde représentait des ailes de chauve-souris. Célènne ne mit pas longtemps à comprendre ce qu'il manigançait, jusqu'à maintenant, il ne s'était pas battu de lui-même, utilisant des incantations ou des attaques à distance, il n'allait pas arrêter ses fourberies aussi vite. Etant à deux contre un, le vampire n'aurait jamais le temps de finir ses incantations, le loup l'arrêterait et le chasseur l'achèverait, elle en déduisit donc que cette arme possédait un pouvoir spécial, et à en juger par la forme, elle devait sans doute avoir les mêmes spécificités que son maître, c'est-à-dire boire le sang de l'adversaire.
Le chasseur, un petit sourire aux lèvres, retira lui aussi de sous sa cape une épée aux mêmes propriétés que ses flèches, bénite et en argent. Les deux adversaires pointèrent leurs lames en direction de l'autre, le loup se tenant prêt à attaquer. Cette fois-ci encore, personne ne bougeait, personne ne parlait, attendant dans un lourd silence la moindre faille. Le loup se mit soudainement à grogner, son maître redoubla d'attention mais ne vit rien de suspect hormis un sourire malveillant dans le comportement de son ennemi. De là où elle se trouvait, Célènne remarqua dans la main, encore engourdie par les effets de la flèche, une sorte de cristal blanc, elle remarqua également que le givre autour du vampire redoubla d'intensité et se dirigea vers le chasseur. « Le sol ! Regardez le sol ! » Hurla-t-elle au chasseur qui s'en aperçut juste à temps pour se dégager de la vague de gelée qui tenta de le transformer en statue de glace.
-Maudit sois-tu, humaine, s'exclama le vampire à la jeune fille, une pointe d'énervement dans la voix, tu m'as l'air plus futée que ce chasseur.
Mais il dut se désintéresser d'elle lorsqu'il para une autre salve de flèches par la glace.
-Ton adversaire c'est moi ! Cria le chasseur. Moi et lui !
Le chasseur regarda quelque chose derrière le vampire, ce dernier ne voyant plus le loup aux côtés de son maître se retourna et tenta de congeler l'animal qui s'apprêtait à le mordre, mais il le rata de peu sans se douter que l'attaque n'avait pas pour but de lui faire du mal, ce n'était qu'une diversion afin que le chasseur puisse s'approcher de celui-ci. Il pourfendit l'espace devant lui, détruisant au passage la barrière de glace créée à une vitesse folle, mais rata de peu sa cible qui put esquiver au dernier moment. Néanmoins, il réussi à voir ce que tenait son adversaire dans la main, c'était un « erementar », des cristaux contrôlant les éléments, il fallait être très habile et fort pour pouvoir les utiliser. Tout ce qu'il avait à faire c'était d'esquiver ses coups jusqu'à pénurie des réserves magiques du vampire, à ce moment précis il ne pourrait plus utiliser son arme et deviendrait vulnérable.
D'un regard il ordonna à son familier de ne pas attaquer, d'attendre un nouvel ordre, lorsque le moment serait venu il devra fondre dessus sans une once de pitié. Le vampire réitéra ses attaques magiques de glace, imperturbable cette fois-ci, il faisait abstraction de tout ce qui l'entourait et se concentrait uniquement sur le combat, il voyait bien que le chasseur voulait lui faire épuiser ses réserves mais il n'était pas vaincu pour autant, même sans son erementar de glace il pouvait combattre, avec son épée ou sa force, dans le pire des cas il pourrait se métamorphoser en chauve-souris et s'enfuir… Non, il ne le ferait pas, il ne pouvait s'enfuir, il ne pouvait mourir, il avait une vengeance à accomplir, et la fuite anéantirait sa réputation, un seul choix lui était possible, la victoire, à n'importe quel prix.
Essayant de trouver une solution il ne prit pas gare et perdit sa force magique, le moment que le chasseur attendait arriva enfin, il pouvait désormais attaquer… Il ne bougea pas d'un pouce. Le vampire ne savait plus quoi penser, c'était l'occasion rêvée pour l'attaquer, pourquoi n'en profitait-il pas ? À moins que… Il avait percé sa stratégie, le chasseur s'était douté que son adversaire était trop intelligent pour perdre sa force magique sans s'en apercevoir, qu'il était trop fourbe pour ça, qu'il lui tendait un piège. D'un regard il envoya son loup se poster derrière le vampire qui était à cours d'idées, il n'était pas du genre à foncer mais il ne lui restait plus qu'une solution, il n'avait presque plus de force magique et il savait en observant la prise en main du chasseur vis-à-vis de son sabre qu'il était expert dans ce domaine, à l'épée il perdrait à coup sur, au corps à corps il ne ferait pas le poids non plus, de plus il ne pouvait pas affronter deux adversaires en même temps sans magie.
La peur s'insinuait de plus en plus, son corps ne voulait pas bouger, la force des deux combattants la clouait au sol. Célènne n'aurait jamais voulu voir cela, elle pensait souvent à son avenir, un avenir loin de ce village, loin de cette forêt, loin des combats, en compagnie d'un beau prince charmant, jamais elle n'avait voulu assister à un combat. Etrangement, elle ne voulait pas que l'un des deux combattants ne meurt, ni le chasseur, ni le vampire, ni même le loup. Elle aurait voulut arrêter tout ça, mais comment ? Que pouvait-elle faire ? Elle était la seule à vouloir que tout s'arrête, la seule à ne pas pouvoir se battre, elle était seule. Tout ce qu'elle pouvait faire était de regarder le combat, de regarder la fin d'un des deux combattants se livrant une bataille non pas pour l'honneur et la gloire, l'argent, la vie, ils se battaient non pas pour survivre mais pour exterminer, c'est à ce moment là qu'elle comprit que les hommes et les vampires n'étaient pas si différents en y regardant bien.
Des cris retentirent, des cris de femmes mortes de peurs, des pleurs d'enfants effrayés, et des hurlements d'hommes prient d'une profonde panique. La jeune fille se retourna pour comprendre ce qu'il se passait, de même que les deux adversaires et l'animal, ils découvrirent les villageois rassemblés en grand nombre à quelques mètres d'eux, l'intensité du combat leur avait fait oublier le reste, ils ne les avaient pas remarquer jusqu'alors.
C'était décidé, il y avait maintenant trop d'adversaires, il n'avait plus assez de puissance, la dernière chose à faire mais qu'il n'aurait jamais voulut faire, il le devait, sa vengeance ne pourrait être réalisée s'il mourrait maintenant, il devait le faire… et il le fit.
Célènne ne comprit pas immédiatement ce qui se passait, elle fut soulevée du sol, un bras puissant s'enroula autour de sa gorge, un autre sur son ventre, elle ne touchait plus le sol. Le vampire l'avait pris en otage.
-Maintenant tu vas m'écouter ! Hurla-t-il au chasseur. Dépose tes armes à terre, donne l'ordre à ton clébard de s'éloigner de moi et meurs sinon je la tue ! Tu ne voudrais pas avoir un mort sur la conscience, n'est-ce pas ?
Le chasseur ne semblait pas l'entendre, il restait statique comme une statue, sans expression.
-Oh ! Tu m'écoutes ? Lâche tes armes et meurs sinon elle et tous les villageois vont mourir !
Rien ne se passa, il restait de marbre. Les villageois, au contraire, commençaient à paniquer, ils demandèrent au chasseur de coopérer mais en vain, il ne les écoutait pas. Pire même, il pointa son arbalète en direction du cœur du vampire, caché par le corps de la jeune captive. Les cris des villageois redoublèrent d'intensité, le vampire ne savait plus quoi penser, Célènne non plus. Il n'allait pas tirer au risque de la tuer aussi ? Il n'allait pas faire ça ? Il ne tirerait jamais sur l'un des siens tout de même ? Il semblait hésiter, il ne voulait sans doute pas tuer d'innocents mais il ne voulait pas le laisser filer.
-S'il vous plait, mon seigneur, implora soudain le tuteur de la jeune fille, à genoux, la tête touchant la terre boueuse, tuez-la ainsi que le chasseur mais épargnez nos vies, je vous en conjure. Nous sommes prêts à vous obéir mais épargnez-nous, je vous en conjure.
Le cœur de Célènne sembla disparaître, ses rêves se brisèrent, une profonde tristesse emplit son âme meurtrie par les mots de son propre tuteur, ses espoirs s'envolèrent totalement. Des larmes coulèrent à flot sur ses joues. Les villageois se précipitèrent vers le chasseur pour l'obliger à se rendre mais ce dernier n'allait pas se laisser faire, d'un sifflement il donna l'ordre à son familier de se mettre entre lui et les villageois, l'arbalète toujours pointée vers son ennemi.
-Allez-y, monsieur le chasseur, articula Célènne avec un petit sourire empli de tristesse, faites ce que vous avez à faire, ne vous inquiétez pas pour moi, je n'ai pas ma place ici, ce sera sans doute mieux comme ça.
Le vampire sembla prit de pitié pour la jeune fille mais c'était trop tard pour la libérer, le bruit de la corde de l'arbalète retentit, le sifflement de la flèche traversa l'espace séparant les deux adversaires, le murmure du chasseur s'excusant de lui voler sa vie le précédent...
La flèche atteignit sa cible.

Les humains ont toujours été très changeants, ils peuvent êtres tout blanc ou tout noir, c'est pour cela que les êtres de l'ombre ne peuvent leur faire confiance, ils se méfient de tous, même de leurs semblables. Leurs peurs venant de leur impuissance peuvent les pousser jusqu'à sacrifier les leurs pour pouvoir survivre, c'est sans doute ce qui caractérise le plus l'être humain.
Heureusement, dans cette histoire, il y à une autre catégorie d'humains, des humains qui n'abandonnent pas malgré leurs faiblesses, qui peuvent aimer même les êtres qui leurs sont totalement différents, des êtres comme Célènne, même s'ils sont rare c'est pour eux que je lutte, pour pouvoir, un jour, construire un monde sans discrimination.
C'est pour vous prouver que tous les humains ne sont pas des lâches sans cœur et que les monstres peuvent avoir une âme et des sentiments que je vous conte cette histoire.

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MessageSujet: Chapitre III : entre amour et haine   Dim 18 Oct - 17:34

Chapitre III : entre amour et haine


Le silence, c'est tout ce qui résultat de cette action, un silence qui sembla durer une éternité alors que tout se passa en un instant. Les villageois ne savaient pas quoi penser de cette scène, ils ne comprenaient pas le moins du monde comment ce fut possible, par quel miracle? Le chasseur, quant à lui, ne savait s'il devait être heureux ou non, après tout sa flèche avait tout de même atteint sa cible. Célènne, elle, n'arrivait plus à penser, ce n'était plus un miracle à ses yeux bien qu'elle ne pouvait se l'expliquer, elle regarda le flot de sang jaillir du corps, elle versa une larme emplie de compassion pour cet être. Comment une telle chose avait-elle put se produire? Pourquoi? Pourquoi le vampire l'avait sauvé en se sacrifiant? Se prenant ainsi la flèche en pleine poitrine?
Le monstre si redouté avait sauvé une simple jeune fille dont il aurait put se servir comme d'un bouclier, il ne semait que la mort autour de lui alors pourquoi laisserait-il la vie? Cet instant se figea dans le temps, créant une seconde interminable, cet acte figea également le chasseur qui, s'il n'avait pas été surpris, aurait continué dans la foulée pour l'achever, ce qu'il ne fit pas. Le vampire profita de cet instant, sans même réfléchir, il attrapa sa jeune otage tout en s'enfuyant dans la forêt. Le chasseur ne retrouva ses esprits que bien trop tard, il envoya son loup à sa poursuite, décochant au passage une pluie de flèches. Les deux attaques se heurtèrent à un mur de glace gigantesque. C'est ainsi qu'il parvint à s'enfuir, laissant derrière lui autre chose que la mort: la confusion.
Les villageois se mirent à hurler, certains de peur qu'il ne revienne d'autres de rage envers ce chasseur qui n'avait pas réussi à le tuer. Ce dernier ne les écoutait pas, il gardait son regard fixé sur le mur de glace sur lequel hurlait son animal, il était perplexe, il ne comprenait pas le moins du monde ce dernier acte. Un vampire n'as pas de cœur, il ne peut avoir de bonté alors pourquoi? Cette question il se la reposa pendant quelques minutes, sans recevoir la moindre réponse, jusqu'à ce que le tuteur de la jeune fille lui empoigne le bras en l'insultant d'incapable. Il le regarda d'un air mauvais, si mauvais qu'il aurait presque put ressembler à un démon. Son loup sauta sur l'agresseur, le couchant à terre, prêt à lui mordre à la jugulaire. Il pointa son arbalète vers son visage.
- Qu'est-ce que vous faites? Vous êtes fou? Ce n'est pas moi que vous devez tuer, c'est-ce monstre qui a pris ma fille.
- Votre fille? Hurla-t-il. Vous l'avez sacrifiée pour votre petite sécurité et vous osez encore l'appeler « votre fille »? C'est vous le monstre que j'aurais du tuer, vous êtes pire que cette bête.
- Mais je ne suis qu'un simple paysan, je ne pouvais rien faire…
Cette phrase rida affreusement le visage du chasseur, se souvenant d'un évènement douloureux de son passé. Il aurait tant voulut appuyer sur cette gâchette, il aurait tant voulut tuer cet homme qui traitait celle qu'il avait élevée comme de la bouse. Son loup s'interposa, comprenant ce qui passait par la tête de son maître, comme pour l'apaiser. Il baissa son arme, malgré l'envie toujours aussi vive dans son esprit. Il commença à s'éloigner vers le village puis il se retourna une dernière fois pour leur dire:
- Je m'en vais, puisse le châtiment divin vous faire tous brûler en enfer

On appelle « monstre » une créature qui ne nous ressemble pas et qui possède un esprit maléfique, mauvais envers les siens. Lorsque l'on y regarde de plus près cette notion peut s'appliquer à bon nombre d'humains, bien que semblable aux autres par le physique, leur esprit peut devenir aussi noir que les ténèbres. Des monstres, il y en à toujours eu par le passé mais les pires sont ceux qui se cachent à nos côtés.

Drake courait à en perdre haleine à travers la forêt toujours aussi dense mais si pénible à traverser cette fois ci, ses blessures étaient profonde, en particulier la dernière, si proche du cœur qu'elle le tuerait de toutes façons mais il continuait de courir, sans même savoir pourquoi. Il tenait toujours dans ses bras la jeune Célènne qui s'était évanouie depuis quelques minutes déjà. Il ne se comprenait pas lui-même, il n'arrivait pas à savoir ce qui lui était passé par la tête, il venait de se sacrifier pour une simple humaine, de la viande, comment tout cela avait-il pu arriver? Il se posait d'innombrables questions sans réponses, il ne désirait plus continuer cet acte de bienveillance mais son corps n'en fit qu'à sa tête, jusqu'à ce qu'il s'écroule de fatigue. Il s'étala de tout son long, lâchant sa prise dans la chute qui roula quelques mètres plus loin.
Sa vue se troubla, ses sens le quittèrent peu à peu, il sentait l'ombre de la faucheuse porter son attention sur lui pour la première fois. Il s'en voulait tant, il ne pensait pas vivre éternellement, il savait qu'il mourrait un jour mais il ne pensait pas partir après un tel acte contre nature. Mourir à l'issue d'un combat était louable, comme ceci n'était qu'une honte que mille vies ne pourraient laver selon lui. Il tentait vainement de se relever, essayant de s'aider de ses bras mais rien, il retomba lourdement sur le sol forestier. Il se mit alors à ramper dans l'herbe, tentant de fuir le plus loin possible mais la fatigue l'emporta, ses yeux se fermèrent devant cette ombre que l'on appelle « la mort » et pour la première fois il s'endormit profondément.

Il y avait du feu tout autour, la maison brûlait comme une vulgaire torche, les gens se battaient dans les flammes, plusieurs tombèrent. La troupe entra soudain dans une chambre que les flammes commençaient à dévorer. Une femme s'interposa entre cette troupe et ce qu'elle protégeait lorsqu'un homme leva une longue épée et frappa d'un coup sec.
Drake se réveilla aussi vite que la lame dans son cauchemar, en sueur mais bien vivant. Il ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait, il se souvenait de son rêve, puis de sa fuite dans la forêt, du combat également. Sa main se posta instinctivement sur sa blessure qui était pansée, il se regarda, il était déshabillé, dans un lit, soigné et pansé de toute part. Il semblait ne pas être encore bien réveillé. Il regarda tout autour de lui, il était dans une cabane abandonnée, toujours dans la forêt, sombre, il sentait la lune au dessus de l'étendue boisée, soit il n'avait pas été inconscient longtemps soit cela faisait plus d'une journée qu'il était dans le coma, car un vampire ne connaît pas le sommeil. Il remarqua soudain sa jeune otage, endormie sur une chaise à bascule à côté du lit, dans une couverture tombante. Lui qui n'éprouvait qu'une soif insatiable à la vue d'un homme n'éprouvait rien en la regardant, aucune soif, aucune envie meurtrière, rien du tout. Pour autant, elle ne lui était pas indifférente, sans doute parce qu'elle l'avait probablement sauvé. Après tout, pourquoi pas? Pourquoi ne pas en finir tout de suite avec cet acte honteux? Il pouvait la tuer désormais, il était de nouveau sur pied et prêt à se remettre à dévorer les hommes. Il s'approcha lentement de la jeune fille endormie qui ne se doutait de rien, il ouvrit grand, laissant dépassé ses immenses crocs, il s'apprêtait à lui planter ses canines lorsqu'il s'arrêta net dans son mouvement, il ne lui restait plus qu'à refermer la mâchoire et tout était fini, un geste si simple pourtant, il n'y parvint pas. Il se mordit le bras de rage, il n'avait pas réussi un acte aussi facile, il n'avait pas put.
C'est alors que Célènne se réveilla, le voyant se mutiler le bras de colère. Il la regardait comme un enfant venant de se faire surprendre faisant une bêtise. Elle émergea lentement de son rêve lorsqu'elle réalisa enfin qu'il se mordait, elle s'exclama soudainement, faisant sursauter le malade qui lui hurla dessus en compensation. La jeune fille l'ignora totalement, se précipitant sur son bras. « Cessez cela, vous n'êtes pas guéri » lui dit elle d'un ton plein de compassion. Drake fut submergé par un flot de pensées contradictoires, il ne ressentait pas de peur mais un violent rejet envers celle qui le soignait. Il tomba à la renverse, s'écrasant lourdement sur le bois moisi du plancher, se relevant avec peine afin de s'éloigner le plus possible.
La situation était pour le moins surprenante, un monstre fuyant une jeune fille ne voyant aucun danger. Cette dernière, par ailleurs, s'avança vers lui en courant, regardant s'il ne s'était pas fait mal. Elle tenta de le relever de ses maigres bras lorsqu'il s'en offusqua et l'envoya à terre d'un revers de bras. Encore un fait étrange, il s'en voulu l'espace d'un instant alors qu'il avait ôté la vie pour moins que ça. Il se releva lorsqu'une vive douleur dans la poitrine le fit chanceler, Célènne se précipita et le poussa sur le lit, certes quelques peu violemment mais sûrement. Il n'eut d'autre choix que de se rallonger, apparemment, la bénédiction faisait toujours effet. « Vous devez garder le lit encore un moment, je vous en prie » lui dit elle d'une voix essoufflée. Il n'avait de toutes façons pas le choix, se replaçant confortablement dans le lit miteux.
- Je vous remercie de m'avoir sauvée, lui dit-elle en remettant ses couvertures.
- Si c'est pour ça que tu m'aides alors arrête tout de suite, je ne t'ai pas sauvée, dit-il sur un ton rude.
- Sans vous je serai…
- Morte! Et tu le seras si tu restes dans les parages lorsque je serai rétabli. Je ne sais pas ce qu'a fait mon corps mais je n'avais nullement l'intention de te laisser en vie. Tu m'étais très utile comme bouclier. Et puis à quoi bon te sauver, tu n'es rien pour les tiens, ta vie n'avait aucune valeur pour eux.
- C'est pour cela que je vous remercie, elle en a eu pour vous.
- Je te dis que je n'ai pas voulu ça!
- Mais vous l'avez fait!
- …
- Je me fiche pas mal de mourir de votre main, lorsque ce chasseur décocha sa flèche j'étais heureuse, lui m'avait comprise, il savait qu'il allait me tuer mais il ne le faisait pas par méchanceté, il a voulu me sauver, tout comme vous, même si vous ne vous en rendez pas compte. Si je dois mourir je veux que ce soit par votre main, vous qui avez donné un sens à ce qu'il me reste de vie.
- Alors je te tuerai.
Le silence retomba, ils se regardèrent longtemps sans rien se dire. Drake finit par baisser les yeux, il avait perdu toute combativité, il avait une dette envers elle, bien que cela lui fasse mal, il n'avait pas l'envie de la tuer. Il repensa à son escapade dans la forêt, aussi loin qu'il s'en souvenait il n'avait pas vu de cabane avant de sombrer. Une si jeune fille n'aurait pu le porter si loin.
- Qui t'as aidée pour m'amener ici?
- Personne! J'ai eu beaucoup de mal, vous êtes plus lourd que vous ne le paraissez au premier regard, je vous ai traîné sur presque une lieue avant de trouver l'ancienne maison du chasseur. Il s'était installé ici afin de traquer le maître des bois, une créature énorme qu'il ne trouva jamais.
- C'est à cause de mon sang.
- Je vous demande pardon?
- Si je suis aussi lourd, mon sang à plus de consistance que vous autres humains. Quant à ta créature je n'ai rien vu de telle dans cette forêt.
- Il aurait donc passé sa vie en vain… Au moins il aura vécu comme il l'entendait, c'est la moindre des choses.
- Tu ne trouves pas cela stupide de vivre en vain?
- Aucune vie n'est vécue en vain tant que l'on a un but et que l'on part avec le sourire.
- Si la flèche t'avait transpercée, pour toi, tu ne serais pas morte en vain?
- Non, car quelqu'un m'aura aidé avant la fin. Et puis, même si je dois mourir une fois votre santé rétablie j'aurais eu un but, celui de vous sauver, pour moi cette vie n'aura pas été vaine.
Drake ferma les yeux, tentant de comprendre ce raisonnement, il essayait tant bien que mal de trouver une réponse à sa question, chose à laquelle il porta toute son attention pour écarter de son esprit le comportement amical qu'il avait avec sa jeune soignante qui se mit à siffloter un petit air apaisant. Pour lui il n'était pas logique de vivre ainsi mais il était en face d'une humaine très différente de toutes celles qu'il avait rencontré jusqu'à présent. Une question commença à le tarauder, une question qu'il n'aurait jamais songé poser à une autre race que la sienne.
- Pourquoi n'as-tu pas peur de moi?
- Je ne sais pas, je sais juste que je n'ai rien à craindre, du moins je le sens.
- Tu es persuadée que je ne te tuerai pas?
- Même si c'était le cas, pourquoi aurais-je peur?
- parce que je suis un tueur, je suis un vampire, l'un des plus dangereux qui plus est. J'incarne le mal et apporte la terreur aux races inférieures. Je suis le pire monstre que tu puisses rencontrer.
- Vous avez peur des humains?
- Bien sûr que non! Répondit il avec fureur. Je ne crains personne.
- Alors pourquoi nous détestez-vous tant ?
- Parce que… (il chercha ses mots quelques instants) Parce que c'est ma nature, parce que je suis un vampire.
- C'est complètement stupide, vous êtes un véritable vampire n'est-ce pas? Un pur sang?
- Et alors?
- Vous êtes né, comme moi, de l'union de vos parents, vous êtes né pur sentimentalement, vous ne pouviez éprouver tant de haine envers la race humaine à cette époque. Ce sont les humains qui vous ont fait du mal, je me trompe?
- Occupe toi de tes affaires, humaine, ou tu subiras le même sort que les autres.
Sur ces paroles il se tourna dans son lit afin de ne plus la voir. Célènne sortit de la cabane afin de le laisser seul. Dans sa tête défilait une multitude de pensées, de questions, cherchant quelle pouvait être la cause de sa haine. Il ne le désirait pas mais elle était décidée à l'aider, elle ressentait une profonde tristesse en lui. Lorsqu'elle y repensait elle remarquait que personne, autour d'elle, n'avait jamais cherché à comprendre les créatures de la nuit, aussi loin que remontait ses souvenirs elle était la seule, à sa connaissance, à tenter de soigner le cœur d'un vampire. Elle restait confiante, elle parviendrait à l'aider, qu'importe l'issue finale, elle voulait que sa vie ait un but, jamais elle n'aurait imaginé en avoir un si lourd à porter mais elle n'en était pas malheureuse pour autant, bien au contraire. Elle ne se souciait pas de la finalité de sa vie mais simplement de celle du vampire, oui, elle voulait que tout cela change. Pour la première fois, une humaine était touchée par la détresse d'un vampire.

« Frappez un chien sans cesse et il finira par penser qu'il le mérite »
Ce dicton vaut tout les mots du monde pour raconter ce que peuvent vivre ceux qui sont dévalorisés depuis toujours, ils finissent par haïr ceux qui les haïssent déjà, c'est un cercle vicieux de haine qui ne se termine que lorsqu'un des deux camps décide d'ouvrir les yeux et de pardonner. Sans des personnes comme Célènne, désirant avant tout venir en aide que de continuer de se venger, alors aucun cœur ne s'ouvrirait et le cycle de violence continuerait sans fin.
Le sabre est la meilleure arme pour se battre, les paroles sont la meilleure arme pour faire la paix, sachez choisir convenablement celle qui vous accompagnera durant votre vie. On ne peut vivre seul, à nous de faire en sorte de ne pas nous rendre la vie plus dure qu'elle ne l'est déjà en se montant les uns contre les autres.

_________________
Rêve un vie, vie un rêve

Qu'importe ce que diront les autres, suis ton coeur et déploie tes ailes, envole twa vers tes rêves car ce monde que tu crée dans ton esprit n'appartient qu'à twa et personne ne pourra jamais en faire une simple illusion.


Dernière édition par Jude Maners le Mar 20 Oct - 11:57, édité 1 fois
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