Le Cercle des Plumes
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Vous venez de découvrir le Cercle des Plumes. Quel est cet étrange Cercle ? Sans doute pas un forum élitiste ou aux entrées limitées, c'est un forum ouvert à tous. Il a pour base l'écriture donc il se dirige principalement aux jeunes auteurs quelque soit leur type d'écrit (Roman, nouvelle, poésie, fanfictions, chansons, etc...). D'ailleurs, il y a aussi une partie plus "théorique" pour discuter autour de l'écriture. Par exemple : comment créer ses personnages ? combien de pages rédiger ? quelle personne employer ? Vous pourrez proposer ou réaliser de petits exercices pour vous aider et vous améliorer.

Une présence minimale n'est pas exigée, juste un petit message de présentation et une lecture des règles. Have a nice day. C.J

Le Cercle des Plumes

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 N [C.J]

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C.J
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MessageSujet: N [C.J]   Lun 31 Aoû - 12:44

  • Auteur(s) : C.J

  • Statut : En cours

  • Genre : Fantastique

  • Titre de l'oeuvre : N

  • Mises en garde : Je le signalerai en haut du post concerné.

  • Commentaires : Lien

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Dernière édition par C.J le Mar 3 Nov - 0:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: N [C.J]   Lun 31 Aoû - 12:46

N.B: Han, il a bouffé mes alinéas !
Je préciserai quand le chapitre est fini en bas de post
Parce qu'ils ne rentreront pas dans un post.

Merci à vous





Chapitre 1 : Un billet d'avion pour New York


En voiture, je roule sans but précis sinon celui de m'éloigner de mon père. Lui et ses foutues nuits étoilées... Il existe des dizaines de personnes passionnées d'astronomie, voire des centaines ou des milliers alors pourquoi est-il le seul à sacrifier son fils pour une telle passion ? Je vis toujours à New York, sans le voir, et maintenant que je me rends jusque Denver pour passer mon vingtième anniversaire avec lui et maman, il me dit qu'il ne pourra pas venir. J'ai envie de repartir, rejoindre mes amis, ma copine, mon logement, mes études, mon job... Il ne viendrait jamais me rechercher. Je me gare sur le côté de la route, près d'une boutique et d'une station service. Je n'ai rien pris, j'ai tout laissé chez mon père avant notre discussion. Un coup de la main sur le volant et je sors pour prendre une bouteille d'eau. Il n'y a pas âme qui vive hormis le vendeur qui discute au téléphone. Je vais chercher l'eau et je la lui présente avec un billet. Le temps de récupérer ma monnaie et je rejoins mon véhicule. Je repars en direction de la « maison » mais arrivé à mi-chemin, une jeune fille se jette sur la route en me faisant de grands signes. Je m'arrête sur le bas côté en gardant portières et vitres fermées. Son petit copain pourrait bien surgir et me piquer ma décapotable. Elle frappe à la fenêtre que je descends d'à peine quelques centimètres et ne me gène pas pour la dévisager. Elle a de longs cheveux châtains un peu en bataille et les joues rougies. Je suppose qu'elle a couru à la manière qu'elle a de hacher ses phrases en s'appuyant contre la voiture, alors j'ouvre davantage la vitre et lui tends la bouteille d'eau.

Je ne pensais pas que c'était devenu une denrée précieuse, mais je me dis que ça a dû le devenir au pétillement qui nait dans son regard quand elle saisit la bouteille. Elle boit une gorgée avant de frotter ses lèvres fines d'un revers de la main et de poser son regard bleu sur moi. Décidément trop gentil, je lui dis de se dépêcher de monter, ouvrant la portière passager. Elle s'exécute puis reste silencieuse. Il faut bien que je sache où elle va pour l'y déposer mais elle me fait signe qu'elle ne peut pas parler.

« Il doit y avoir des stylos et un carnet dans la boîte à gants, regarde la-dedans. »

Me remerciant d'un hochement de la tête, elle récupère le papier et m'écrit qu'elle veut se rendre à la bibliothèque municipale. C'est situé à quelques dizaines de mètres de chez moi alors j'accepte d'un hochement de tête. Sur le chemin, je repense à mon père et mes mains se serrent sur le volant. J'ai envie de hurler, pour évacuer ma colère, mais ma passagère risque d'être effrayée. Alors je vais me contenter de parler tout seul, au moins elle ne pourra pas me répondre et me contrarier davantage que je ne le suis déjà.

« Je viens de New York, tu sais, la grosse pomme. Je suis en droit mais mon rêve, ça serait d'être comédien et d'en vivre. Je suis conscient que ce n'est pas un boulot facile mais je saurai me débrouiller. J'ai déjà joué dans un spot de publicité pour du dentifrice. »

A ce mémorable souvenir, je ne peux que sourire. Trois jours de tournage pour un malheureux dentifrice contre la mauvaise haleine. On a dû prendre ma bouche au moins trois cent fois en photo et mon sourire doit figurer sur des heures entières de bande. Mais c'était amusant, et puis c'est là-bas que j'ai rencontré Mary. Elle était grande, mince, teinte en blonde, séduisante, avait beaucoup d'esprit. Tous les jours, je l'entendais réagir aux unes des journaux en me lançant des regards coquins. Ce fut le coup de foudre... Tout ceci me revient en mémoire sans que je ne le dévoile à ma passagère, c'est mon histoire. Et pourtant, elle me fixe avec un sourire simple comme si elle savait à quoi je pensais. Je suis amoureux. Je hausse des épaules en disant que c'était il y a un an et demi tout de même puis je me concentre à nouveau sur ma conduite. La bibliothèque est à quelques rues d'ici. Je ne sais plus combien de journées j'ai pu passer là-bas à lire toutes sortes d'histoires à dormir debout. Et j'y croyais.

Arrivé devant le grand édifice, je me gare et je lui désigne le bâtiment d'un geste exagéré du menton. Elle quitte la voiture et j'ouvre la vitre pour qu'elle s'y penche. Elle me fait signe d'approcher et je m'avance vers elle. Étant toute proche de moi, elle me chuchote à l'oreille un merci qui me surprend. Elle n'était pas muette ? Je lui livre ma pensée tout haut mais elle ne répond pas et regarde tout autour d'elle à la manière d'un animal traqué. Son visage s'est assombri et elle disparaît hors de mon champ de vision. Soit, elle n'avait certainement pas envie de parler avec moi, tout simplement. Me regardant dans le rétroviseur, je me dis pourtant que je ne ressemble pas à un psychopathe ni un pervers. Si on m'a déjà dit que j'avais l'œil un peu vitreux, ce n'est pas leur couleur bleue -un peu translucide- qui me donne l'air dangereux. Mais là n'est pas la question, je dois rentrer chez moi pour m'expliquer avec mon père. Le courage d'y retourner ne me manque pas mais j'ignore ce que je pourrais lui dire une fois en face de lui. J'improviserai le moment venu.

Ainsi je conduis jusque là-bas, mais reste dans le véhicule. Il met cinq minutes à sortir de la maison, la main plaquée à son front. Il descend les marches une à une pour rejoindre l'allée, d'un pas qui me semble peu sur et tremblant. Aurait-il pleuré ? J'ouvre la portière et il se précipite vers moi en babillant des propos incompréhensibles. Il paraitrait qu'on lui ait volé quelque chose alors je le saisis fermement par les épaules en lui demandant de quoi il s'agit et s'il y a quelqu'un dans la maison. C'est à cet instant qu'il s'écrie :

« Les étoiles ! Il a disparu ! Comment est-ce possible ? Ils vont entrer... »

Il s'écroule dans mes bras en pleurs, je n'ai rien compris et pourtant je le serre contre moi pour le rassurer. Puis je le fais monter dans ma voiture pendant que je pénètre la maison de mon enfance. Tout est silencieux et j'attrape pourtant un parapluie posé près de la porte. Comme s'il s'agissait d'une arme, je le garde près de moi en visitant chaque pièce, les unes à la suite des autres, du rez-de-chaussée jusqu'au grenier. Je reste finalement dans cette dernière pièce que mon père a transformé en une bibliothèque très chaleureuse. Devant la fenêtre, un fauteuil est dirigé vers l'extérieur et je ne peux m'empêcher de remarquer le carnet posé à côté, à même la moquette bordeaux. Je le saisis et à peine ai-je ouvert la première page que j'aperçois des tas de prénoms, griffonnés dans une anarchie totale. Parmi eux, le mien est insignifiant. Je tourne la page et est presque déçu qu'il n'y ait rien. Est-ce donc pour « ça » qu'il me sacrifie ? L'envie de le jeter par la fenêtre me prend mais je décide plutôt de me laisser tomber sur le fauteuil, sortir peu après chercher mon père et appeler ma mère. Rapide, elle ne met que vingt minutes pour nous rejoindre et se ruer aux pieds de mon père, sans même m'adresser un regard. Lui, assis dans le canapé reste muet et insensible aux mots de ma mère. De ce fait, cette dernière me tire par la main jusqu'à la cuisine et se niche dans mes bras. Je baisse le visage contre son épaule, je hume son parfum sucré en me répétant qu'elle est maintenant avec moi. C'est elle qui met fin à l'étreinte en me repoussant légèrement, pour mieux me regarder dans les yeux. Son sourire si beau est néanmoins ampli d'une grande tristesse. Lui caressant le visage, je lui demande ce qui se passe et c'est son regard inquiet vers le salon qui me met la puce à l'oreille. Mon cœur se serre dans ma poitrine, imaginant toutes les nouvelles qu'elle pourrait m'annoncer. De sa grande franchise mais d'une voix fendue par la douleur, elle me déclare simplement :

« Papa va mourir. »


* * *

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MessageSujet: Re: N [C.J]   Jeu 17 Sep - 15:55

* * *


Au bar de la discothèque, Jake n'en finit pas de verser des verres, ne manquant jamais de glisser un mot doux aux jeunes filles qui viennent les chercher. Il sait son français assez piètre mais se dit que son accent américain apporte à son charme naturel. Pour cause, Jake est des hommes qu'il appelle lui-même les chasseurs et peu de proies lui échappent, déjà marquées ou non. Et puis il n'est pas trop difficile, le pelage et ce genre de détails importent peu. C'est ainsi qu'il jette son dévolu sur une belle rousse un peu boulotte mais qui bouge très bien, lui lançant de temps à autres des regards furtifs qu'il ne manque pas d'attraper au passage. Bien sur, il les lui renvoie accompagnés d'un sourire charmeur. Ce soir, il ne rentrera pas seul.

Toutefois, consciencieux, il tâche de bien faire son travail et écoute les commandes que crient les clients qui croient bon de s'avachir sur le bar pour qu'il entende ou comprenne. Une bouteille de vodka dans le fond de la salle où il sert vient d'être demandée et il quitte son bar pour aller servir. Un couple discute pendant qu'une fille est affalée sur le canapé avec le verre à la main. Jake n'est pas contre l'alcool dans les boîtes mais l'âge en France est moins élevé que chez lui pour pouvoir boire alors Jake hésite à laisser la bouteille mais il se voit contraint de s'exécuter par un unique regard de son superviseur. Il se dirige vers les toilettes pour se rafraîchir et se passe de l'eau sur le visage, ne manquant pas de regarder si son anti-transpirant a fait son boulot. Il ne fait même pas attention aux deux garçons légèrement éméchés qui entrent en braillant. Il continue de se regarder dans le miroir quand il sent une main contre son épaule. Voulant se dégager d'un mouvement lâche, il se prend une droite en plein visage et recule contre le mur. Il porte la main à sa mâchoire et se baisse soudain pour éviter un nouveau coup. Il fonce vers la porte mais est intercepté avant. Les coups pleuvent et Jake est à terre quand une voix lui indique qu'il s'y prendra à deux fois avant de draguer la « copine » des autres. Les deux jeunes hommes sortent et Jake se redresse, une longue griffe est apparue sur l'une des glaces au-dessus des lavabos. Le jeune homme châtains caresse sa mâchoire avec une grimace et se retourne pour ne pas voir le coup. La porte s'ouvre de nouveau et laisse apparaître une jeune fille, la boit-sans-soif de tout-à-l'heure. Un peu froid, le serveur lui rappelle que ce n'est pas les « chiottes des gonzesses » et elle se précipite contre lui en criant :

« Attention ! La flèche ! »

Tous deux plaqués contre le mur des toilettes, il fronce les sourcils et la regarde en se demandant si elle ne va pas lui vomir dessus. Ses yeux presque noir le fixent et il se sens un peu mal à l'aise. Finalement, il la repousse et elle pivote pour ne pas lui tourner le dos. Sortant des toilettes, il ne fait pas attention à l'objet planté dans l'épaule de la jeune femme qui, ayant trop bu, n'en ressent pratiquement pas la douleur. Elle fronce les sourcils à la vue de la pointe de bois qui ressort et serre les dents avant d'entamer une gymnastique visant à retirer la flèche entrée par l'arrière de son épaule. Une fois qu'elle l'a retirée, elle la laisse dans l'évier et s'en va à l'extérieur. Elle titube, peine pour rejoindre le parking à l'entrée duquel elle s'écroule. Finalement, son amie Amanda vient la chercher et la fait monter en voiture pour qu'elles repartent toutes les deux à leur appartement. Sur le trajet, la conductrice lance des coups d'œil à sa camarade et lui répète, une énième fois, qu'elle ne devrait plus boire comme ça. Elle ajoute même, le regard fuyant, qu'elle devrait même cesser de boire, simplement. La jeune femme qui s'est recroquevillée en position fœtale sur le siège secoue frénétiquement la tête avant d'expliquer d'une voix éraillée qu'elle n'a pas le choix. Sans plus d'explication, elle ferme les yeux pour se reposer en attendant leur arrivée en ville. Fouettant l'air de ses longs cheveux blonds, Amanda n'a d'autre choix que d'accepter le silence de Johanna. Elle espère que leur retour en Amérique pour les vacances de Noël arrangera ses problèmes de boisson. Elle a menacé plusieurs fois sa colocataire de tout dire à ses parents si elle n'arrêtait pas de boire mais en vain. Johanna ne cesse pas de dire qu'elle en a besoin pour aider le garçon de ses rêves. Amanda se dit que la pauvre est peut-être plus heureuse dans une vie de belles histoires que dans la réalité. Pourtant, elle semblait enthousiaste à l'idée de faire sa troisième année de droit en France. Le trajet est vite tué et Amanda fait un créneau en face de leur immeuble situé dans une petite impasse, dans Paris même. Elle ouvre la portière de Johanna et veut l'aider à sortir quand elle sent quelque chose de moite sur sa main. Elle fait entrer Johanna dans l'obscurité et la laisse doucement retomber sur l'un des deux lits avant de fermer la porte de la chambre pour aller à la cuisine. A la lumière, elle se rend compte que c'est du sang qu'elle a sur la main...


* * *

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MessageSujet: Re: N [C.J]   Jeu 15 Oct - 10:40

* * *


Revenu avec ma mère, j'ai encore du mal à digérer la nouvelle. Papa ne m'a pas parlé de cette tumeur, ni maman. Ils ont tous les deux refusés qu'il aille à l'hôpital malgré son délire de tout-à-l'heure, je ne comprends pas. Je reste donc allongé dans le canapé, observant sans relâche ma mère qui ne me dit rien. Ce silence, à peine couvert par les voix de la télévision, m'est pénible. J'ai besoin de parler, de crever l'abcès. J'entrouvre les lèvres et ma mère se lève alors, glissant au passage sa main fine sur mon épaule avant de se pencher sur moi pour me dire qu'elle va voir mon père. Est-ce que j'ai vraiment le droit de l'en interdire ? J'acquiesce d'un hochement de la tête puis vais téléphoner à Mary en espérant ne pas la déranger. Ma main tremble sur le combiné et ma gorge s'assèche. Presque heureusement, personne ne décroche et je laisse tomber le combiné par terre. Mes jambes ne me portent plus et je tombe par terre, accroché à l'accoudoir du canapé. Mon père dort juste au-dessus et j'ai failli m'en aller, le laisser seul ici. Je baisse la tête. Maman est avec lui. Mais je n'entends pas les craquements du plancher. Je rejoins l'escalier vers le premier étage et les ronflements de papa me rassurent sur son sommeil. Mais aucune silhouette n'est présente dans la pièce. J'ouvre alors la porte vers le grenier. Cette pièce qui me faisait peur après chaque histoire que me racontait mon père sur les monstres qui y vivaient. Ça ne fait que quatre ans que j'y ai enfin mis les pieds. Puis Grand-père est mort, je suis parti à New York, je n'y étais plus revenu depuis tout ce temps. Pour preuve, j'ignorais même jusqu'au relooking de cet endroit. J'arrive en haut et grelotte, la fenêtre est restée ouverte. Maman est assise dans le fauteuil, le regard perdu vers le ciel, mais le carnet repose à nouveau sur le sol. Alors que je m'approche d'elle, elle tourne le visage vers moi avec un franc sourire et me fait signe d'approcher d'elle et même de m'assoir sur ses genoux. J'ai grandi depuis mon adolescence, je ne sais pas si elle supporterait mes quatre-vingts kilos sur ses petits jambes. Je lui fais signe de se lever et prends sa place, pour qu'elle prenne la mienne sur mes genoux. Elle s'assied et pousse alors un long soupir, toujours souriante. Elle me confie alors :

« Ton père est resté des heures entières à cet endroit, la tête dans les nuages. Nous sommes très différents lui et moi, bien que je ressente une grande tendresse pour lui. C'est ça qui a mené à notre séparation. Ça et quelques désaccords sur des sujets et d'autres.
- Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? J'avais le droit de savoir,
- Ce genre de choses est imprévisible. J'aime ton père et je resterai auprès de lui mais je ne peux pas l'aider. Quant à toi, tu ne dois pas rester ici. Rentre à New York et ne reviens pas ici, dans cette maison. »

Même si elle a bien tenu le masque jusque maintenant, elle ne peut retenir un sanglot et de la même façon que j'avais consolé mon père, je la serre contre moi. Mais elle me repousse et me répète que je dois rentrer à New York. Demain c'est mon anniversaire et après cette nouvelle, je n'ai qu'une envie : celle de rester auprès de mes parents pour qu'on passe un bon moment tous les trois. Peut-être qu'on oublierait cette mauvaise nouvelle une journée. Je lui dis que lundi, je n'ai pas cours et que je pourrais prolonger le week-end si elle me le demandait mais elle refuse catégoriquement, avant de se remettre à contempler le ciel. Mon regard suit le sien. Voici donc ce qui a éloigné mon père de moi ces dernières années. Ça n'a rien d'exceptionnel à mes yeux, que des points sur une carte. Puis je fronce les sourcils et me concentre en croyant voir un visage parmi tout ça. Ma mère quitte ma jambe et je me mets debout sans quitter le ciel du regard. Maman ferme alors la fenêtre et les rideaux en s'exclamant que je ferais mieux de partir demain matin, il y a des avions dès 8h. Mon visage se ferme à la manière d'un enfant désenchanté et elle descend sans plus d'au revoir ou de bonne nuit. Ma mère a toujours été une femme très douce, prévenante, à l'écoute. Son comportement est sûrement à mettre sur le dos de l'épreuve qu'elle traverse seule depuis... Je ne sais pas depuis combien de temps mon père a cette tumeur. Pas depuis combien de temps, sa grosseur, ses chances de survie et ce qu'il ressent. Je n'ai pas le droit d'être le fils de mon père. De rage, j'attrape des livres auxquels je fais traverser la pièce à la vitesse du son. Un par un puis autant que peuvent en saisir mes mains, je les jette, les claque contre les étagères qui tremblotent à peine. Je reste seul avec ma colère. J'en arrive à prendre un livre et le faire traverser la vitre qui implose et laisse tomber des morceaux de verre dehors. Je retiens un cri, papa dort et je laisse s'échapper des pleurs silencieux une fois que je me suis assis par terre.


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MessageSujet: Re: N [C.J]   Dim 25 Oct - 23:55

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  • Titre de l'oeuvre : N

  • Chapitre d'où vient l'extrait : Chapitre 2

  • Mises en garde : Description de blessures, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard... Razz

  • Commentaires : Lien

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MessageSujet: Re: N [C.J]   Dim 25 Oct - 23:56


Jake vient de rentrer, il est épuisé. Sur le pas de la porte, le jeune homme a hâte de revoir ses parents et c'est tout naturellement qu'il entre sans sonner. Il suit les voix de la télévision et regarde ses parents assis sur le canapé, la tête de l'un contre l'épaule de l'autre. L'obscurité de la pièce les a changé en une longue forme sombre et un fin sourire nait sur les lèvres de l'étudiant qui décide de ne pas les réveiller. Ils ne sont pas venus à l'aéroport, pourquoi les déranger maintenant ? La main gauche contre la rampe et l'autre levant l'une des deux valises, il monte silencieusement l'escalier jusqu'au premier étage où se trouve sa chambre et sa salle de bain. Autant dire que c'est son étage. À peine le seuil passé que Jake se laisse tomber sur son lit. C'est étrange cette sensation, retrouver son univers. Rien n'a changé, ni même lui. Peut-être a-t-il doublé le nombre de filles avec lesquelles il a couché mais il garde les mêmes peurs que la distance n'a pas été capable de dissiper. La raison pour laquelle il est parti -et ce n'est pas l'amour des langues, quelles qu'elles soient- ne changera jamais et personne n'en sera jamais averti.

Le miroir du plafond embrasse le corps de Jake dans un reflet parfait, et quand le jeune homme ôte son t-shirt et lève légèrement le menton, une longue cicatrice apparaît sur son cou. Fine mais tellement longue qu'elle semble suivre une veine et pénétrer au plus profond de l'adolescent qui la caresse du bout des doigts. Puis il descend sa main jusque son cœur, son ventre et il s'arrête là, entre deux bleus. Il se lance quelques coups d'œil avec un sourire en coin en se disant que c'est cette expression-là que les filles voient. Jake porte la joie sur chacun des traits de son visage, la malice dans le blanc des yeux et la peine au fond de la pupille.


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