Luminescence Apprenti

 Nombre de messages: 22 Age: 17 Date d'inscription: 16/10/2009
Plus d'informations ? Type d'écrits: Romans, Poésie.. Genre de prédilection: Fantastique Publié(e) ?: Oui
 | Sujet: Re: La Mort et Moi. Dim 18 Oct - 22:36 | |
| Aimer. Qu'est-ce qu'aimer ? Aimer c'est la plus belle chose qu'un être puisse offrir, c'est la plus délicieuse des sucreries et la plus extraordinaire des sensations. Aimer, c'est permettre à l'autre d'entrer dans votre univers et ainsi de connaître à la fois vos forces et vos faiblesses. Aimer, c'est se rendre aussi invincible que vulnérable, c'est la plus grande des douceurs et le plus terrible des tourments. Et c'est par ce même verbe aimer que commencera mon récit.
Aimer. J'ai aimé un garçon comme je pensais ne jamais en être capable, Alexis, c'est ainsi qu'il se nommait. Alexis. Ce prénom m'a hanté durant les longs mois de souffrance qui ont suivit notre séparation brutale. Il m'a quittée, un matin, me donnant pour seule explication une incompatibilité dont il ne m'avait jamais parlé, pourtant nous nous disions tout. Il était à la fois mon ami, mon confident et mon amour, ainsi n'ai-je absolument rien comprit à ce qu'il s'est passé au moment ou les mots « c'est fini », sont sortis de ses lèvres, tels une sentence. Je l'ai supplié, je l'ai prié de rester, lui ai dit que je changerais, que je ferais absolument tout pour qu'il soit satisfait de notre relation, mais rien à faire, il s'est éloigné, et m'a laissée là, seule dans un couloir ou je me suis effondrée peu après la sonnerie. Je ne suis pas allée en cours ce jour là, ni les suivants d'ailleurs. Le voir au Lycée m'était devenu insupportable, et j'en suis tombée malade, me trouvant mal au point de devoir rester au lit deux semaines durant. Je n'avalais plus rien, et restait là, dans le noir, à fixer le plafond dans un silence profond, jusqu'au jour ou ma mère m'annonça une visite particulière. Habituellement, je ne recevais pas les camarades chargées de ramener les devoirs, mais cette fois-ci, j'ai entendu des pas dans les escaliers, et un parfum familier est arrivé à mes narines. Les larmes sont montées malgré moi au moment ou la porte s'est ouverte. J'ai tourné la tête, refusant de croiser son regard, et c'est là qu'une douce et terrible mélodie est parvenue à mes oreilles, retournant le couteau venimeux dans la plaie ouverte de mon coeur.
« - Je.. Y a ça à faire, pour demain.. Je te le laisse là. J'espère que ça ira mieux. » A-t-il dit, d'une voix qui s'avérait moins douce que celle que je lui connaissait, et pourtant elle restait un plaisir des sens. Après une minute de silence, il a posé les cahiers sur mon bureau, avant de tourner les talons, c'est là, en l'attendant s'éloigner, que je me suis décidée à réagir, sans toutefois regarder dans sa direction. « - Pourquoi ? » un seul et unique mot, à la fois lourd de significations et en apparence si léger. « Pourquoi ». J'avais besoin de connaître la raison de ma souffrance, j'avais besoin de comprendre, ce qu'il ne m'avait jamais permit, ce qui était la cause de la douleur présente à ce moment là. Mais surtout et avant tout, j'avais besoin de lui, besoin de savoir pourquoi il ne voulait plus de moi. Pas de réponse. Je me suis sentie pâlir, le coeur battant à tout rompre à la fois dans ma poitrine et dans mes tempes, les larmes reprenant de plus belle, les tremblements y ajoutant leur étrange contribution.. Puis j'ai senti un contact chaud, plus chaud que tout ce que j'avais connu durant ces semaines de solitude. J'ai alors tourné le regard vers la cause de cette sensation, et j'ai croisé deux merveilleux saphirs. Mon coeur s'est emballé plus violemment, le délicieux parfum de mon diable parvenant à me faire tourner la tête, je n'avalais plus rien depuis plusieurs jours, ce qui expliquait sûrement de si violentes réactions physiques. « - Parce que.. » Mon attention fixée sur ses lèvres, j'y ai vu chaque syllabe se détacher, comme le plus douloureux des poisons, et le nouveau silence qui s'ensuivit fut d'autant plus difficile à supporter que j'attendais depuis trop longtemps la réponse à cette question. « - Tu vas t'en sortir.. » a-t-il finit par murmurer alors que je retirais, non sans mal, ma main de la sienne. « - Non. » sec, net et précis. Et pourtant le faible ton de ma voix aurait pu empêcher le passage de la détermination.. Mais il me connaissait assez pour comprendre que je ne comptais en aucun cas m'en sortir. « - S'il te plaît.. m'a-t-il répondu d'une voix tremblante, presque suppliante. « - Pas sans toi. » Ai-je déclaré sur un ton presque dépourvu d'émotions. Les larmes cessaient de couler tant j'étais fatiguée, même la force d'exprimer la douleur finissait par m'abandonner.
Le silence s'est installé, lourd, tendu, mais j'étais bien trop épuisée pour prêter attention à l'atmosphère, je m'étonnais cependant du fait qu'Alexis soit toujours présent, que faisait-il ? J'ai fini par tourner la tête dans sa direction, me retrouvant face à l'océan que formaient ses yeux, et sans vraiment comprendre ce qu'il se passait, j'ai senti ses lèvres se poser avec délicatesse sur les miennes. Il me sembla soudain que l'organe vital dans ma poitrine venait d'exploser, qu'il était enfin libéré du poids qui l'oppressait, et, me laissant emporter dans le flot d'émotions, je n'ai plus pensé aux conséquences, en venant même à passer mes bras autour du cou d'Alex.. c'est fou ce que j'aimais ce contact, cette proximité, cette protection. Mais le rêve fut bien trop vite interrompu, je l'ai sentit se détacher avec la même douceur, s'agenouillant auprès du lit, me forçant ainsi à supprimer mon emprise de sa nuque. Le silence est retombé dans la contemplation du regard de l'autre, avant qu'il ne reprenne la parole, avec une légère hésitation toutefois.
« - Je suis désolé.. Je.. je refuses que tu souffres par ma faute, je devrais te laisser.. Tu devrais m'oublier. » a-t-il dit, en se relevant lentement, comme si son corps refusait qu'il parte. « - Non ! » ma voix s'était élevée dans la pièce comme une supplication, je ne voulais pas revivre ça, je voulais comprendre et cette fois, il n'y échapperais pas, en tout cas, c'est ce que je pensais. « - Je ne peux pas Madison.. Je.. » a-t-il répondu, s'arrêtant dans sa progression vers la porte pour se retourner et me faire face, a mi chemin entre mon lit et la sortie. « - Tu me laisserais après ça ? Tu oserais m'abandonner une fois de plus après ce que tu viens de me donner ?! Tu n'es pas un de ces cons qui jouent avec les sentiments Alex, alors ressaisis toi et explique moi ! » ai-je répliqué, indignée par son attitude et furieuse qu'il m'arrache, une fois de plus, une part de bonheur. Etait-il sadique au point de me laisser ainsi sans réponse ? Ou se plierait-il à ma seule exigence ? A cet instant, je n'étais plus sûre de rien, au point même de me demander si ce n'était pas un rêve, un stupide rêve comme tant d'autres, un rêve qui virait au cauchemar.
Le silence a reprit ses droits, comme si chacune de nos paroles ne pouvait mener qu’à un vide profond. Comme si nous ne pouvions arriver nulle part, cette impression de néant imminent me faisait presque frissonner et dans ce silence, j'étais incapable de dire quoi que ce soit, bouger dans mon état était impensable, et pourtant mon coeur semblait vouloir exploser. Il est resté là, au centre de la pièce, à me fixer de ce regard qui voulait tout et rien dire à la fois, ce regard pénétrant qui me faisait fondre chaque fois que je le croisais. La scène figée devait ressembler à un tableau, un tableau où auraient très bien pu se mêler la Mort et l’Amour à la fois, une peinture presque tragique, une peinture à suspens où tout pouvait arriver.
« - Je t’aime.. » Mon coeur s’est arrêté quelques secondes, tout comme ma respiration, lorsque j’ai entendu ces mots venir à mes tympans. Je n’ai pas répondu, absolument incapable de dire quoi que ce soit, incapable de rompre le contact visuel qui nous unissait jusqu’à ce qu’il se tourne, passe la porte, et disparaisse, me laissant seule, dans le noir de ma chambre avec mes interrogations.
La nuit fut, pour la première fois depuis des semaines, reposante et calme, gonflée d’un espoir nouveau, j’étais parvenue à retrouver une paix, certes fragile, mais bien présente. C’était la seule chose dont j’avais toujours eu besoin avec Alexis, qu’il m’exprime ses sentiments, et ce parce que cela me rassurait et j’en tirais l’unique source de bonheur nécessaire à ma survis. Un simple « Je t’aime » parvenait à me faire planer quelques heures, à m’envoyer vers un monde rose où tout allait bien, dans lequel je n’avais plus de questions à me poser, plus de reproches à me faire. Lorsque j’ai ouvert les yeux, il était sept heures, et aussi surprenant que cela puisse paraître vu l’état dans lequel je me trouvais la veille, je me suis levée. La tête m’a tournée quelques minutes, mais je me suis forcée à bouger et suis partie sous la douche où l’eau brûlante m’a permit un réveil en douceur, ce que je n’avais pas connu depuis un certain temps.. La douceur ? Je la redécouvrait, persuadée qu’elle m’était devenue étrangère. Une fois la douche prise, je suis sortie, me suis séchée et ai enfilé une robe légère, noire, descendant jusqu’à mes genoux et ne possédant que deux fines bretelles. Par dessus j’ai assortit un gilet blanc puis ai attaché mes cheveux en une simple queue de cheval, je n’aimais pas trop la complexité et les apparences, ainsi faisais-je le minimum pour être présentable. Prête, j’ai vaguement fait mon sac, attrapé mes chaussures de la main droite et suis descendue, encore légèrement vacillante, pour me rendre à la cuisine. Le fracas que j’ai entendu en poussant la porte blanche de la pièce m’a fait froncer les sourcils. Ce n’est que lorsqu’un morceau de verre est arrivé à mes pieds que j’ai comprit la raison de ce choc : ma mère venait de briser une pile d’assiettes, je suppose qu’elle ne s’attendait pas à me voir débarquer ainsi, mais je n’ai fait aucun commentaire, me contentant d’un léger sourire. Je me suis, ensuite, dirigée vers une des chaises où j’ai posé mon sac, en prenant soin de ne pas marcher sur un morceau de verre. « - Maddy.. Mais ? Qu’est-ce que tu fais là ? » a demandé ma mère, une fois remise de ses émotions. « - Bah j’me prépare pour aller en cours.. Tu veux de l’aide pour .. ? » ai-je répondu en montrant les débris encore étalés au sol. « - Non merci. Tu comptes aller en cours ? Hier encore tu avais de la fièvres, ce n’est pas prudent chérie, tu devrais rester ici encore quelques jours.. » m’a-t-elle conseillé en nettoyant le sol. « - Arrête de t’inquiéter, ça va. » Une réponse simple que je lui ai donnée en allant me chercher le paquet de céréales dans le placard face à la table, j’ai attrapé un bol au passage et j’y ai versé quelques pétales chocolatées pour ensuite m’asseoir sur un des tabourets libres. « - C’est Alexis qui te fais cet effet là ? » m’a-t-elle demandé avec une curiosité parfaitement visible avant d’aller jeter les éclats restants à la poubelle pour s’asseoir face à moi. « - Maman ! » ai-je rétorqué, en allant mettre mon bol dans le lave vaisselle avant d’ajouter : « - Il faut que j’y aille, à ce soir et cesses donc de t’en faire, s’il te plaît. ». J’ai rapidement enfilé mes ballerines noires, attrapé mon sac, et suis sortie de la villa, laissant ma mère perplexe dans la cuisine. * Le portail noir passé, je me suis laissée guider par mes pas, comme je le faisais chaque matin avant cette rupture fatale et imprévue. Bon nombre de récits qui commencent ainsi sont des tragédies dans lesquelles les personnages avancent vers un Destin inévitable, attirés par l’auteur vers chacun des malheurs qu’ils craignent, se retrouvant constamment coincés dans les pires situations, j’espérais simplement que ma vie ne serait pas ainsi et que je parviendrai à échapper à l’effroyable fatalité. Je ne me suis rendue compte que trop tard de l’endroit où je me trouvais, je n’ai réalisé qu’après coup la stupidité de ma démarche, j’aurais du évité le trajet habituel ! « - Madison ?! » s’étonna une voix mélodieuse et masculine. Mon regard s’est levé vers le responsable de cette jolie symphonie, et lorsque j’ai croisé les deux saphirs que je connaissais si bien, je me suis retrouvée littéralement paralysée, incapable de sortir le moindre mot tant j’étais sujette à de multiples émotions contradictoires. Je me suis soudain senti pâlir sans toutefois daigner dire quoi que ce soit. « - Qu’est-ce que tu fais là ? » insista Alexis, visiblement plus surpris qu’autre chose. « - Comme toi, j’vais en cours. » finis-je par répondre, avant de reprendre ma route, fuyant son regard, cherchant à couper court à la conversation. « - Maddy attends. » Je savais qu’il voulait me parler, cependant je ne m’en sentais pas le courage, du moins pas autant que lorsque je m’étais levée le matin. Il poursuivit toutefois, conscient de ma fuite volontaire. « - Tu comptes m’ignorer ainsi combien de temps ? ». « - Tu comptes m’expliquer la situation dans combien de temps ? » ai-je répliqué, plus sèchement que je ne l’aurais voulu, regagnée par cette vive douleur que je pensais avoir écarté depuis la veille. « - Plus tard. » a-t-il répondu, avec un calme que j’ai trouvé effrayant, aussi étrange que cela puisse paraître. « - Et c’est quand, plus tard ?! »
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