- Enfin, nous nous retrouvons, dit-il.
- Il semblerait, oui, fit-elle d'un ton évasif.
- C'est ta dernière chance...
- Jamais ! hurla la fille.
Ses grands yeux violets le fusillèrent, mais son regards émeraudes les soutenèrent.
Ils levèrent leurs épées au même moment, dans une synchronisation parfaite.
- COUPEZ !
Le réalisateur était furieux. Ces régisseurs, ne comprenaient-ils jamais ?
- Plus de haine ! Nos personnages animés se haïssent ! Plus de ressentiment, voyons !
Pendant que le réalisateur pestait contre ses régisseurs, les personnages de dessin animé se défiaent toujours du regard. Il brisa le silence en premier, disant à la fille devant lui :
- Je t'aime encore, tu sais. Reviens-moi...
Elle ferma les yeux. Ils avaient verser trop de larmes, ses beaux yeux violets. Des larmes qui émanaient de sa souffrance, souffrance causée par lui, celui qui la menaçait de son épée. Et le pire, c'est qu'elle espérait encore. Un petite partie d'elle espérait encore.
- Non. En revanche, pour le souvenir de notre amour passé, tu peux m'aider à sortir du monde Animé, à devenir une légende. A conquérir ma liberté.
- Tu n'en démords pas, hein ? Tu n'en a pas le droit. Tu le sais. C'est la règle.
- Règle que tu as créé. Rien que pour m'empêcher de fuir.
Lorsque le réalisateur remit l'animé en marche, une animosité infernale bouillait en eux. Ils levèrent leurs épées et se battirent comme jamais ils ne s'étaient battus.
Il se battait pour elle. Elle devait cesser son rêve futile de vivre Hors-de-l'Animé. Ils étaient destinés l'un pour l'autre.
Elle ne savait pas pourquoi elle se battait. Plus pourquoi. Plus contre quoi. Contre qui. C'est pour cela qu'elle devait partir : le monde réel lui montrerait contre qui elle se bat.
Soudain, elle fit une parade qui le blessa au ventre. Elle savait, sentait, que cette blessure était profonde. Et mortelle. Il tomba à terre.
La regarda droit dans les yeux.
Et lui offrit ses plus belles paroles.
Ses dernières paroles :
-Je te comprends. J'ai toujours compris. Moi aussi, j'aurais voulu avoir ma liberté. Mais, j'avais peur de l'extérieur. Je n'en avais pas le courage. Vas là-bas. Vis dans le monde réel et n'oublie pas de devenir celle que tu veux être.
Elle lui donna un sourire larmoyant.
- Tu as toujours su que je t'aimais encore et pour toujours. C'est pourquoi tu m'as suivi, n'est-ce pas ?
Pour lui répondre il lui envoya un clin d'oeil.
Il sourit.
Entrouvrit la bouche pour répondre.
Ce fut à ce moment que la Mort le faucha.
La fille pleurait tout en regardant l'écran devant elle, derrière lequel le réalisateur voyait la scène.
Y arriverait-elle ? Non, pas d'hésitations. Elle devait réussir.
Pour lui.
Il lui a donné sa bénédiction et son amour.
Elle ne peut plus reculer. Plus abandonner.
Pas maintenant.
A la grande surprise du réalisateur, elle leva l'épée et cria :
- Je le fais pour NOUS !
Elle jeta l'épée sur l'écran et bascula dans la réalité. Là, elle prit son poignard et se l'enfonça dans le coeur.
- Je t'aime.
Elle le retira de son coeur.
Maintenant, l'animée était morte. Elle avait rejoins son amour.
La fille réelle sourit à la liberté.
Puis, elle s'enfuie.
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Keep your eyes on the stars and your feet on the ground. RooseveltLa nuit tombe et le tonnerre gronde.
L'imagination nous entoure, Invité.
C'est elle qui nous fait vivre.