Le Cercle des Plumes
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Vous venez de découvrir le Cercle des Plumes. Quel est cet étrange Cercle ? Sans doute pas un forum élitiste ou aux entrées limitées, c'est un forum ouvert à tous. Il a pour base l'écriture donc il se dirige principalement aux jeunes auteurs quelque soit leur type d'écrit (Roman, nouvelle, poésie, fanfictions, chansons, etc...). D'ailleurs, il y a aussi une partie plus "théorique" pour discuter autour de l'écriture. Par exemple : comment créer ses personnages ? combien de pages rédiger ? quelle personne employer ? Vous pourrez proposer ou réaliser de petits exercices pour vous aider et vous améliorer.

Une présence minimale n'est pas exigée, juste un petit message de présentation et une lecture des règles. Have a nice day. C.J

Le Cercle des Plumes

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 Nouvelle(s) de Mlle Platon

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Mlle Platon
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Féminin
Nombre de messages: 65
Age: 16
Date d'inscription: 01/11/2009

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Type d'écrits: Romans, poésie
Genre de prédilection: Fantastique, tristesse
Publié(e) ?: Oui

MessageSujet: Nouvelle(s) de Mlle Platon   Mar 3 Nov - 19:14

  • Auteur(s) : Moi

  • Statut : En cours

  • Genre : Fantastique

  • Titre de l'oeuvre : Dédoublement

  • Mises en garde :
    C'est bien la première fois que je vais poster dans la partie nouvelles...

    Bon, sachez que ce doit être la deuxième nouvelle de ma vie, alors soyez tolérant et très critique et dites-moi tout de suite si je dois arrête tout de suite et me remettre aux romans (lol)

    Je la posterai en trois parties parce qu'elle est un peu longue.

    Profitez-bien (si possible) Very Happy ...


Dédoublement


Il est temps que je vous avoue la vérité. Vous ne la croirez pas, mais qu’importe. C’est inutile de continuer de me questionner ainsi et tourner en rond sans jamais obtenir la moindre réponse claire et intelligible de ma part. Regardez la photo que je vous envoie : vous me reconnaissez : c’est moi le jour de mes trente-huit ans, le 16 décembre 2009. A côté, vous voyez mon mari, il avait alors trente-neuf ans. Et voici mon amie Leslie, nous nous sommes rencontrées en Terminale, elle avait un an de plus que moi. Elle a sur cette photo dix-huit ans. Propos incohérents, pensez-vous ? Non, c’est le début de la vérité. Vous essayez de la connaître, je vous la livre sur un plateau. Je suis restée inconnue, cachée dans ma maison, à l’écart de la société depuis le jour de ma naissance. J’avais alors vingt-et-un ans. Ce jour-là, le 16 décembre 2009, a été une date importante pour moi. C’était mon dernier jour d’enfermement. Après, j’ai pu sortir. Mais revenons donc à cette date. Je vais vous présenter moi-même ; la première moi-même. Celle qui fêtait, à ce jour, ses dix-sept ans…

***

Cette histoire est celle de Claudia Minaz. Simple, curieuse, déterminée, première de la classe, un mètre soixante-huit, blonde, souriante, sérieuse, drôle, passant inaperçue. Elle a dix-sept ans aujourd’hui. Ses parents lui ont souhaité un bon anniversaire quand elle s’est réveillée ce matin. Ses camarades de classe ne sont, pour la plupart, pas au courant, à part son amie Leslie. En cours, elles suivent sagement, mais, tandis que l’une est passionnée et voudrait n’en jamais sortir, l’autre attend la fin. Claudia est intéressée par tout – ou presque. Parfois elle décroche un moment pendant le cours... Quand quelque chose retient son attention ailleurs. Dans le couloir, elle voit passer l’écrivain et philosophe Marc Lara, qui a été invité au lycée pour donner des conférences aux étudiants. Elle aime beaucoup cet écrivain et a dévoré tous ses livres une dizaine de fois au moins. Elle aurait sans doute rêvé de le voir pendant l’une de ses conférences, mais sa classe n’ira pas. Malgré son regret, elle sait de toute façon que Lara fait déjà preuve d’une certaine générosité à venir dans ce lycée perdu dans un village méconnu –non sans raison – et il n’a probablement pas le temps de voir toutes les classes.
A la place, elle n’a plus qu’à rêver, assise devant son bureau, oubliant un moment le professeur, suivant des yeux son écrivain préféré qui marche en compagnie du proviseur. Et quand la sonnerie retentit, elle ne s’en aperçoit même pas. C’est un coup de coude de Leslie qui la ramène à la réalité.
- Pardon ?
- Le cours est fini ! Il faut y aller maintenant.
- Oh… Je n’avais pas entendu.
Elle se lève et range ses affaires avant de suivre Leslie dans le couloir. Parmi la foule d’élèves, elles arrivent à se frayer un chemin pour rejoindre le hall d’entrée. Ici, il n’y a plus grand monde. Il n’y a même personne, excepté, à la grande joie de Claudia, l’écrivain Marc Lara qui serre la main au proviseur avant de se diriger vers la porte de sortie. Elle manque de se figer sur place, pourtant elle continue à marcher, peu maîtresse de ses mouvements. Il est là, à quelques mètres, il s’en va…
- Au revoir Monsieur Lara, j’espère que vous avez apprécié cette visite au lycée.
Claudia reste de marbre. Leslie, bien plus extravertie qu’elle, vient d’adresser tout naturellement la parole à celui qu’elle a observé de tout le jour sans jamais pouvoir l’approcher. Elle se demande d’abord s’il va répondre, même s’il va daigner se retourner. Elle en doute. Il a autre chose à faire. Et pourtant…
- Merci mademoiselle, ce fut un plaisir.
Elle écarquille les yeux. La réponse de Lara à Leslie lui fait presque mal. Jalousie. Elle sert son manteau contre elle alors qu’ils sortent. C’est même lui qui leur tient la porte, laissant entrer une bourrasque glacée dans le bâtiment. Quand elle passe devant lui, il la regarde et lui adresse un sourire tout à fait bienveillant, presque amusé, qu’elle lui rend timidement.
Un dernier échange de regards. Il est parti.
- Ce ne serait pas ton portable, par hasard ?
Claudia, dans les nuages, sursaute presque à l’intervention de Leslie. Elle n’a pas entendu son portable sonner, ni ne l’a senti vibrer. Elle est plongée dans ses souvenirs, elle regarde Lara s’éloigner et rejoindre sa voiture. Rêveuse, elle répond par une autre question :
- Il a l’air sympathique, non ?
- C’est un être humain, fait remarquer Leslie. Alors, ce portable, ça vient ?
Tout en suivant des yeux la voiture de l’écrivain, elle fouille dans sa poche et en sort son téléphone. Elle regarde rapidement : un SMS de Julien qu’elle lit à haute voix.
- Joyeux anniversaire Claudia ! Passe au labo si tu veux ton cadeau. Oh non, je lui avais dit de ne rien m’acheter… Bon, allons-y quand même. Tu viens ?
- Evidemment que je viens ! Je ne raterais pour rien au monde l’une de ses inventions !
Elles traversent la route du côté de ce que ce dénommé Julien appelait son « labo », qui n’était en fait que la cave de son habitat. Claudia connait Julien depuis toujours : c’était un ami d’enfance de ses parents. Mais ils ont finalement cessé de le voir, par manque de temps sans doute. Quoiqu’il en soit, Claudia, elle, a toujours trouvé sa compagnie agréable, et passionnantes les multiples expériences qu’il faisait. Il se croyait parfois magicien, se disait-elle, persuadé de maîtriser télépathie, télékinésie, alchimie… et d’autres encore qu’elle ne saurait nommer. Pourtant, aucune de ce qu’il appelait ses « inventions » n’avait jamais fonctionné à sa connaissance. Il se vantait quand même d’un sortilège maléfique qu’il aurait jeté sur sa rue une vingtaine d’années plutôt, lorsqu’il était encore jeune. Il disait que ce sortilège permettait aux personnes les plus sensibles, autrement dit les adolescents, de voir l’invisible. Chose complètement absurde selon Claudia et Leslie à vrai dire, d’autant plus qu’il n’avait aucune preuve à apporter puisqu’il était parti une semaine rendre visite à ses parents à la même époque et n’avait jamais pu voir le résultat. De toute façon, d’après ce qu’il avait raconté à Claudia sur ses voisins, il n’y avait pas énormément de jeunes gens. Mais pour quelqu’un qui habitait dans la rue de la maison de retraite, quoi de plus normal ?
Arrivées devant son humble demeure, une minuscule maison coincée entre deux sapins, toujours la même depuis au moins trente ans, les deux lycéennes ne prennent pas la peine de frapper avant d’entrer. Elles sont habituées à ce qu’il soit en train de travailler dans la cave et il n’aurait certainement pas entendu.
- Qu’est-ce que tu crois que c’est, cette fois, sa grande invention ?
- Elle a intérêt à être grandiose, pour mon anniversaire, répond Claudia.
Elles descendent directement à la cave. Ici, les lumières sont allumées, tout traine misérablement, un véritable scientifique ne s’y serait jamais retrouvé. Sauf que ni Claudia, ni Leslie n’appelait Julien un scientifique. Juste un fou sympathique qui leur faisait passer de bons moments quand elles lui rendaient visite.
- Ah, vous êtes là !
Une silhouette sort de l’ombre, portant un vieux manteau qui est sûrement censé faire office de blouse, des yeux cernés comme s’il n’avait pas dormi depuis des jours. D’ailleurs, il confirme immédiatement ce doute :
- Claudia, bon anniversaire ! Sache que je n’ai pas dormi pendant une semaine pour que ton cadeau soit prêt !
- Oh… Mais, merci, Julien, il ne fallait pas…
- Si, il fallait absolument ! Viens immédiatement par là !
Il n’a pas regardé Leslie mais elle le lui pardonne : quand son enthousiasme le prend, il n’y a plus rien à faire. Tout ce qui compte est le but fixé qu’il s’apprête à partager. Il les emmène au fond de la cave, remplie d’étranges objets qu’il ne valait mieux pas chercher à connaître. Non pas qu’elles soient dangereuses, mais d’un ennui mortel. Claudia plaisantait généralement sur ce qu’il pouvait lui présenter comme merveilleux et unique.
- Regardez, les filles. Voici la Rose !
Elles regardent, comme il le leur a demandé. Mais tout ce qu’elles voient là est une belle rose rouge dans un vase. Pas mal, comme tour, quand même : à la fin de l’automne, trouver une fleur comme celle-là… Leslie va même jusqu’à demander :
- C’est une vraie rose ?
- Non, ce n’est pas une rose, c’est la Rose.
Elles restent interdites. Elles ne savent quelle découverte il a encore faite, mais son excitation va bien au-delà de ce qu’elles ont pu connaître. Un peu trop même pour une simple rose trouvée en pleine hiver. Non, décidément, il y a autre chose. C’est bien ce qu’elles attendent qu’il leur explique. Et il les connaît suffisamment pour le savoir, aussi expose-t-il d’un ton plus qu’enjoué :
- Un cadeau d’anniversaire comme tout le monde aimerait en avoir un, Claudia ! Cette Rose n’est pas une rose ordinaire, elle est magique : deux billets gratuits pour un voyage dans le temps !
Une telle révélation aurait pu en troubler plus d’un, chacun se serait certainement extasié à cette idée – quoiqu’elle paraisse un peu trop irréelle pour être vrai –, tous auraient immédiatement cherché à vérifier si cette fleur avait effectivement ce pouvoir. Néanmoins, quand il s’agit de deux jeunes filles déjà bien sorties du monde de l’enfance, anti-sciences-fictions et habituées aux expériences ratées de leur ami, il n’y va pas de soi.
- Attends une minute : mon cadeau d’anniversaire, c’est d’être ton cobaye ?
La question est suivie d’un silence lourd. Leslie pense la même chose que sa camarade. Après tout, rien de ce qu’avait pu tester Julien n’avait marché. Se retrouver en possession d’une de ses nouvelles trouvailles, c’est clairement jouer les cobayes.
- Quelle mauvaise foi ! Claudia, tu ne vas quand même pas refuser ton cadeau d’anniversaire ? D’autres se battraient pour l’avoir ! Allez, viens, attrape cette fleur avec Leslie et écris sur cette table la date à laquelle tu veux aller et le nombre de jours que tu veux y rester. Ensuite tu arraches une par une les pétales de la Rose et te voilà partie !
Avec un soupir, Claudia regarde la table en question. De deux choses l’une : soit Julien a déjà fait un test sur lui-même, ce qui honnêtement l’étonnerait, soit il ne lui laisse même pas le choix de la destination. Car sur le meuble était écrit au crayon : 16 décembre 1988. 3 jours.
- Mais tu ne me laisses même pas le choix, Julien ?
- Ne t’en fais pas, vous allez vous plaire en 1988, affirme-t-il.
- Franchement Julien, trois jours… Je ne suis pas encore en vacances, et j’ai un devoir de philo à finir. Alors, en admettant bien sûr que cette… Rose fonctionne, tu ne préfères pas attendre Noël ?
- Réflexion tout à fait déplacée, ma chère Claudia, car en admettant que cette Rose fonctionne, tu seras revenue avant même d’être partie. Quand tu seras là-bas, tu trouveras une Rose semblable à celle-ci. Garde-la, elle va se faner progressivement pendant trois jours, et une fois qu’elle sera complètement morte, tu reviendras ici comme par magie, au moment exact où tu es partie !
Elle attend, toujours pas convaincue. Un regard vers Leslie lui confirme que celle-ci non plus. Julien semble s’impatienter, il pousse un soupir de désespoir. Pendant un moment, Claudia sent comme une légère culpabilité à l’idée que c’est tout de même son cadeau d’anniversaire.
- D’accord, j’y vais : mais une question d’abord. Pourquoi le 16 décembre ?
Il sourit et explique aussitôt, ravi de son changement d’avis :
- Ce n’est pas parce que c’est le jour de ton anniversaire, mais pour une raison simple : quand vous aurez remonté le temps, vous vous retrouverez chez moi, dans cette cave, exactement comme maintenant. Or, à cette date, je ne suis pas à la maison, je suis parti chez mes parents.
- Et vous vous en souvenez encore ? demande Leslie.
- Oui, parce que j’ai retrouvé une vieille lettre de ma mère qui annonçait m’attendre pour le 15 décembre. Il n’y a donc aucun doute à avoir : je suis absent pour cette semaine. Alors, prêtes ?
Finalement, Claudia accepte la fleur que son ami lui tend avec insistance. Leslie attrape sa main. Cette dernière est certainement la plus satisfaite des deux ; si Claudia prend sérieusement les choses, pour Leslie il ne s’agit que d’un jeu. Trois jours en 1988, après tout, ne pouvaient pas faire de mal. Elle enlève une à une les pétales de la rose, comme convenu. Ses doigts restent un moment sur la dernière. Finalement, elle tire d’un coup sec.
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